Nomade impénitent, amoureux de l’Afrique. Des voyages, des périples, des séjours. Des rencontres. Il a pris dans le ciel de Tanger la couleur de ses yeux. Il a dû y rencontrer Paul Bowles dans l’un ou l’autre bar. Sur Tanger encore, où il réalisa en grande partie le tome 2 du Bar du vieux Français, il écrit dans une de ses lettres : "Ici, les choses importantes vont bien : l’air, comme nulle part, la bière, comme dans le reste du monde".
Timide en apparence, très volontaire en dedans. Il est père d’une petite fille. Il l’a appelée Lou. Lou, en trois lettres d’amour.
Jamais il ne calera parce qu’il attend une photo d’un pays lointain. Il dispose pourtant d’une documentation énorme. Non pas des photos et des bouquins assoupis dans des caisses ou sur des rayons. Ses instantanés à lui, il les conserve au fond du cœur. Il travaille ses souvenirs, rappelle ses impressions, ressuscite les moments et les couleurs. C’est sans doute pour cela qu’il n’aime pas se fixer quelque part. Voyager, oui ; arriver, non. Liège, Burkina Faso, Mali, Sénégal, Rwanda, Paris. Étapes d’une errance pour une œuvre exceptionnelle et à part, des bagages plein la tête.
À Liège ou à Tanger ou au cœur des cités, partout Jean-Philippe écoute, regarde, s’imprègne et retranscrit. Sans concession, sans parti pris, laissant les moralités à d’autres.