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Tout
un paquet de clichés sont généralement,
ici, accolés à l’Espagnol.
Vous les connaissez : fier, macho, ténébreux…
Dites-vous bien que Ruben ne correspond
à aucun de ces clichés.
C’est un artiste, empreint de sérénité,
de charme et de culture. Il y a, chez
lui, une douceur d’âme que
l’on retrouve assez bien dans ses
pages en couleurs directes. Même
les scènes les plus violentes ont
une patine qui les rendent emblématiques,
qui les empêchent d’être
simplement triviales. Et c’est bien
là toute la force de Ruben, son
dessin est un puits à émotions.
Ruben est bien évidemment d’une
grande exigence avec lui comme avec les
autres, mais, là aussi, une sorte
de voile de soie en atténue la
sévérité et toutes
ses remarques semblent naturelles et aller
de soi. Et l’on s’y soumet
avec plaisir.
Peu après la fin de Un peu de Fumée
Bleue…, il m’a fait visiter
sa ville ; Montjuich, la Sagrada Familia,
le Palau de la Musica Catalana, le Palau
Guëll, la Pedrera, la plaça
Clavé (que nous avons rebaptisé
place Pedro Almodovar), etc. Ce faisant,
il m’a interdit formellement de
me rendre au parc Guëll, parce que
des voyous avaient décapité
deux lézards et qu’il ne
voulait pas que je vois cet endroit splendide
ainsi saccagé. Exigeant, je vous
dis. Et tout compte fait je reviens sur
ce que j’ai dit, assez fier. De
Barcelone.
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