Si le blues était né en Catalogne et le tango à Barcelone, Ruben Pellejero en serait l’inventeur. Son trait a l’élégance d’Astor Piazzola et la phrasé de Charlie Bird ; l’équilibre des noirs et blancs, les contrastes de la milonga et les langueurs angoissées d’une session chez Blue Note. Pour les couleurs, ce sera Miles Davis. Pellejero est venu tard à la BD : trente-et-un ans. Treize ans d’illustrations (de 1970 à 1983) ont laissé leur marque, ainsi qu’une vénération pour Pratt. Mais cet artiste éminemment aimable avait trop de personnalité pour ne pas imposer, après fusion des courants nourriciers, le style Pellejero. "Le Silence de Malka" le consacrait ; "Un peu de fumée bleue" lui donne un nouvel élan.