Sait-on que Hermann a une formation d’ébéniste ? Du travail du bois, rude, exigeant, précis, il a conservé comme une vénération de la belle ouvrage. Cet artisan de la BD, comblé, travaille onze heures par jour, week-ends compris. En plus de trente ans de métier, il a maîtrisé toutes les techniques graphiques — moult batailles avec le crayon, le pinceau, le trait, l’encre, la couleur, cette chair du dessin. Et les techniques narratives, le scénario, les mots qu’il faut aussi pétrir avant d’obtenir la fusion texte-dessin.
Un de ces jeunes hommes en colère qui forgèrent, au sein du studio Greg dans les années 60, une bande dessinée revendiquant son statut de media à part entière, il fit éclater les normes de ce qui commençait à s’appeler la B.D. Mise en page éclatée, qui n’oubliait pas la rigueur de la narration ; personnages de chair et d’os, mais aussi de sueur et de tripes ; dialogues acérés dans lesquels aucun mot ne fait peur ; pudeur entièrement mise au service de l’humour et du cynisme. Hermann est le type même de l’auteur de B.D. Rectification : un grand auteur de B.D.