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• Gillon vu par Lapière
 

Ma rencontre avec Paul, pour hautement improbable qu’elle était, n’en fut pas moins quasi fusionnelle. Voyez plutôt : d’une part un jeune scénariste au talent balbutiant et d’autre part un véritable dinosaure échappé au massacre de cette génération de dessinateurs français qui, faute d’albums, ont été oubliés si pas méprisés (je ne prendrai qu’un exemple : Poïvet) par l’ensemble du métier.

Paul avait des milliers de pages dessinées derrière lui, des années de publications dans France Soir comme dans Métal Hurlant, je n’avais scénarisé que quelques albums chez Dupuis et chez Dargaud.

Pourtant, le sujet, les personnages et l’histoire de La dernière des salles obscures nous a réunis comme si nous étions frères de tranchée. Tout au long des cent quarante pages de ce récit, j’ai découvert en Paul Gillon un dessinateur d’exception (le seul, que je sache, qui dessine à main levée !), un collectionneur d’art, un critique rigoureux, un passionné.

Il a véritablement nourri Les Salles de son passé et de son présent autant que de sa phénoménale documentation.
Il faut avoir vu Paul marcher, tourner autour de ses pages (au format hors norme) pour comprendre à quel point il est resté ce gamin avide de dessiner et de raconter qu’on est tous au début, alors que l’on rêve de faire ce métier.
Un gamin, certes, mais avec quelle classe !

Denis Lapière, octobre 2002
 
Photo Gillon © D. Fouss Photo Gillon
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