Il y a plusieurs Paul Gillon. Le dessinateur, d’abord. "Fils de Chine", "13, Rue de l’Espoir", "Le Cormoran", "Le Temps des Copains", "Téva". L’Illustrateur : dans "Elle", "France-Dimanche", "L’Équipe", "Libération"... Auteur-dessinateur pour "Jérémie", les plus grands cycles des "Naufragés du Temps", "La Survivante", "Jehanne". Tant de titres et tant d’autres !
Pourtant, un seul style. Le style Gillon, reconnaissable entre tous. Élégance du trait, sensualité des formes — il parviendrait à rendre troublante une poignée de porte —, surprenant équilibre entre les noirs et les blancs, poids des regards, gestion des espaces. Dans sa vie privée, se succèdent ou coexistent aussi plusieurs Paul Gillon : le bambocheur, le lecteur impénitent, l’artisan boulimique (des milliers de planches à son actif), le mari de Nicole, le père de Mathieu, fils arrivé tard dans le parcours de cet hôte joyeux au banquet de la vie.