Le soleil brûle les ailes trop chamarrées qui lui paraissent une menace à sa brillance. Jean-Paul Dethorey avait relevé le défi qui traverse l’histoire de la B.D. depuis ses débuts : marier la peinture et la bande dessinée, donner mouvement à ce qui devrait rester figé et fixer le moment où l’action s’échappe en envolée graphique. Jean-Paul domina cet art. Qui le consomma de manière insidieuse, comme une vengeance des muses furieuses de voir percés leurs secrets.
Installé dans le Gard avec sa compagne Julie, il vivait dans la lumière, l’autre amie que son pinceau n’a jamais trahie. Il connaissait aussi la valeur des regards, francs, biaisés, menteurs, gourmands, rassurants, éclairants.
Aujourd’hui qu’il est dans la lumière, on ne peut que regretter ce que Jean-Paul Dethorey n’aurait pas manqué de nous apporter. Même si nos pauvres imaginations ne peuvent que s’en faire une faible idée.