La monotone carrière de chef comptable que la vie semblait lui avoir tracée ne passionnait pas outre mesure Baudoin, plus attiré par la création artistique que par les tableaux de chiffres. Il glisse ses premiers courts récits dans la presse BD “adulte” des années 70 (“LE CANARD SAUVAGE”, “CIRCUS”, “PILOTE”, “L’ECHO DES SAVANES”). Approfondissant son graphisme impressionniste et suggestif, il publie ensuite une série d’ouvrages décoiffants chez Futuropolis puis, lorsque cet éditeur est repris par les éditions Gallimard et se tourne vers la mise en valeur de textes littéraires, il illustre des oeuvres de Le Clézio, Tahar Ben Jelloun et Jean Genet.
Il collabore ensuite avec les scénaristes Frank Reichert et Jacques Lob avant de se tourner vers les petits éditeurs alternatifs qui commencent à foisonner en marge de la production traditionnelle. “Le Voyage”, son œuvre la plus célèbre, obtint le prix Alph’Art du meilleur scénario à Angoulême en janvier 1997.
S’interrogeant régulièrement sur la relation qu’entretient un artiste avec son œuvre, Edmond Baudoin est un conteur intimiste et fortement autobiographique. Les Yeux dans le mur, sa première œuvre mise en couleurs pour la collection Aire Libre, en est une parfaite illustration, car composée à quatre mains avec la collaboration d’une jeune admiratrice et modèle, Céline Wagner.