Sa première pêche en mer d’Islande. Six mois sur un bateau, sans voir un bout de terre. Romantique — enfin, pour les peintres, les écrivains, les photographes. La réalité de ces “Islandais” ? Quitter Dunkerque à la fin de l’hiver, affronter les tempêtes au nord des mers, retrouver le début de l’hiver
dunkerquois — jusqu’à l’an prochain. La retraite, rester à terre, dépérir, déjà le froid de la camarde. Leur vie entière s’appelait février. Et sentait la morue. Pour en rapporter une cargaison chichement payée, ils trimaient à pleine peur. Pour celles restées au pays, attente, angelus, marmaille en bas âge. Le glas sonnait plus souvent, en ces temps-là. Tout le village se rassemblait autour de la nouvelle veuve, qui priait Notre-Dame d’inventer pour ses enfants une vie meilleure. Quelque part à l’arrière des océans.